22 juin 2019

W.E.B. Du Bois : conscience et inconscience de la race

Matthieu Renault

En 1897, dans un article bientôt repris dans son opus magnum, Les Âmes du peuple noir, W.E.B. Du Bois introduit la notion de double conscience afin de décrire la condition africaine-américaine, à commencer par celle des élites noires : 


« Après l’Égyptien et l’Indien, le Grec et le Romain, le Teuton et le Mongol, le Noir est une sorte de septième fils, né avec un voile et doué de double vue (second sight) dans ce monde américain – un monde qui ne lui concède aucune vraie conscience de soi, mais qui, au contraire, ne le laisse s’appréhender qu’à travers la révélation de l’autre monde [blanc]. C’est une sensation bizarre, cette conscience dédoublée (double consciousness), ce sentiment de constamment se regarder par les yeux d’un autre, de mesurer son âme à l’aune d’un monde qui vous considère comme un spectacle, avec un amusement teintée de pitié méprisante. Chacun sent constamment sa nature double – un Américain, un Noir ; deux âmes, deux pensées, deux luttes irréconciliables ; deux idéaux en guerre dans un seul corps noir, que seule sa force inébranlable prévient de la déchirure. »

Crucial pour saisir ce passage est le concept-métaphore de voile. Du Bois le répète à l’envi : il y a, d’un côté, ceux qui évoluent hors du Voile, à l’air libre, les Blancs, de l’autre, ceux qui vivent, et étouffent, dans le Voile, les Noirs. Si « voile » n’est pas simplement synonyme de ligne de partage des couleurs (color line), autre notion centrale chez Du Bois, c’est parce qu’il permet de problématiser non seulement la séparation et la division, mais aussi la porosité et le franchissement des limites. Il y a une double dynamique du voile qui opère, simultanément et dialectiquement, comme un mur infranchissable, renvoyant à une contradiction indépassable, et comme un opérateur de dissimulation et de révélation, et donc malgré tout, de relation ou d’union entre les deux mondes. Le voile unit en divisant, divise en unissant : il montre en cachant. Et, comme l’écrit Howard Winant, le voile fonctionne à la fois « au niveau personnel, ou intra-psychique, et au niveau institutionnel ou structurel. […] [Il] ne divise pas seulement le moi individuel ; il fissure aussi la communauté, la nation, la société entière ». Autrement dit, le concept de voile permet à Du Bois de penser la convertibilité réciproque, les échanges et les mélanges, entre dualité matérielle-sociale « extérieure », color line, et dualité psychique-spirituelle « intérieure », double conscience.

Cette dernière, dans son acception première, désigne le mouvement en vertu duquel, intériorisant le regard racialisant du Blanc, le Noir en vient à se voir de l’extérieur, comme un autre ; il apprend à se mépriser, à avoir honte de lui-même, jusqu’à se haïr ; raison pour laquelle tant de Noirs cherchent à se fondre dans le monde blanc, tentant, en vain, de faire oublier leur couleur, leur « race ». Du Bois ne suggère nullement que le rapport à soi pourrait faire l’économie d’un détour par l’autre ; il affirme qu’en contexte racial, un tel détour interdit tout retour, générant un profond trouble dans une conscience de soi qui s’éprouve dès lors comme une contradiction en procès, comme affectée d’une division intime, comme, littéralement, être-deux (twoness). Cette conscience malheureuse puise ses origines dans la contradiction, rejouée au quotidien, entre les idéaux (inclusifs) de liberté individuelle et d’égalité civique issus de la Révolution américaine et la pratique (exclusive) de la discrimination et de la ségrégation, héritée du système esclavagiste, constituant ce qu’on pourrait nommer la double conscience de l’Amérique blanche. Avant Richard Wright et d’autres, Du Bois soutient que ledit « problème noir » est, à sa racine du moins, un problème blanc.

Arrêtons-nous à présent sur une source capitale de la thématisation duboisienne de la double conscience : la littérature psychiatrique de la fin du XIXe siècle – en laissant de côté deux autres sources importantes, à savoir le transcendantalisme de Ralph Waldo Emerson et la philosophie hégélienne via sa réception américaine. En 1896, avait été traduit en anglais Les Altérations de la personnalité du psychiatre français Alfred Binet, dont un recueil, On Double Consciousness, avait été publié aux États-Unis six ans plus tôt. Étudiant les « dédoublements de personnalité ou plutôt la formation de personnalités multiples chez un même individu », Binet distinguait les « personnalités successives » des « personnalités coexistantes » telles qu’elles se manifestaient chez l’hystérique. Interrogeant la « pluralité des consciences chez les sujets sains », il recommandait alors de considérer « l’hystérie comme un réactif permettant de rendre plus apparents certains phénomènes de l’intelligence normale », et concluait : « il peut y avoir chez un même individu, pluralité de mémoires, pluralité de consciences, pluralité de personnalités ; et chacune de ces mémoires, de ces consciences, de ces personnalités ne connaît que ce qui se passe sur son territoire » ; métaphore topique qui n’est pas sans trouver un écho chez Du Bois pour lequel la scission de la conscience noire est intimement liée aux divisions-ségrégations spatiales engendrées par la ligne de partage de couleur.

Si le fait du dédoublement ne pouvait suffire à départager le normal du pathologique, Binet prenait soin de préciser que la « pluralité de consciences » ne devenait « pluralité de personnalités » qu’à partir du moment où les « groupes de phénomènes psychologiques » dissociées endossaient des caractères et des mémoires propres, jusqu’à former des « moi » séparés perdurant à travers le temps. Phénomène rare chez les « individus normaux », ajoutait-il, mais qui, toutes choses égales par ailleurs, affecte le sujet africain-américain tel que le dépeint Du Bois. Binet, enfin, soulignait que les chercheurs s’étaient jusqu’alors souciés de mettre en lumière « les phénomènes de séparation entre les consciences », négligeant la question corrélative de leur « relations » inconscientes, qu’elles prennent la forme de la collaboration, du conflit ou de l’harmonie ou de la disharmonie spontanée. L’analogie a ses limites, mais c’est précisément ce type de relation dans la séparation que Du Bois cherche à problématiser à travers la métaphore du voile de couleur.

De la popularité de ces thèses témoigne le roman d’une écrivaine africaine-américaine, Pauline Hopkins, publié en feuilleton fin 1902-début 1903 dans les pages du Colored American Magazine sous le titre Of One Blood, or the Hidden Self. Il raconte l’histoire d’un étudiant noir en médecine nommé Reuel Briggs qui, à l’occasion d’un voyage de découverte archéologique en Éthiopie, fait une plongée dans sa personnalité profonde, en traverse les couches sédimentées pour découvrir son moi « africain » enfoui. Au début du roman, Briggs songe aux enseignements d’un ouvrage, intitulé The Unclassified Residuum, abordant « le grand champ des nouvelles découvertes en psychologie » et dont Binet serait l’auteur. De fait, aucun livre de Binet ne porte ce titre, mais il n’est pas difficile d’identifier la source réelle d’Hopkins : « The Hidden Self » (« Le Moi caché ») est le titre d’un article de William James publié en 1890 dans le populaire Scribner’s Magazine et débutant par ces mots : « “Le grand champ des nouvelles découvertes”, me disait un ami scientifique l’autre jour, est toujours le résidu non classifié (unclassified residuum). » Or, à cette même période James était le professeur de philosophie de Du Bois à Harvard, les deux hommes entretenant des relations amicales attestées par leur correspondance. 

James n’était pas seulement l’un des artisans de cette révolution philosophique que fut la naissance du pragmatisme, c’était aussi un psychologue de renom, qui avait correspondu avec Binet. Il s’était en particulier illustré en traitant, par hypnose, le prédicateur Ansel Bourne, homme qui, pendant deux mois, avait vécu, à des centaines de kilomètres de chez lui, dans la peau d’un certain Albert Brown, son double, dont il continuait après-coup à ignorer jusqu’à l’existence même, la réciproque n’étant pas moins vraie. James revient sur ce cas dans ses Principles of Psychology où, invoquant non seulement les « moi alternants », mais la possibilité de consciences simultanées au sein d’un même individu, il déclare à propos d’un tel « dédoublement du moi » qu’il ne doit pas être conçu simplement comme le produit d’un « échec » à intégrer divers « systèmes d’idées » au sein de l’unité de la conscience, ou du cerveau : « [si] le cerveau fonctionnait normalement, et si les systèmes dissociés se réunissaient, il pourrait y avoir une nouvelle affection de la conscience prenant la forme d’un troisième “moi”, différent des deux autres » ; hypothèse qui résonne étrangement avec les mots de Du Bois dans le paragraphe faisant suite au fragment sur la double conscience   : « L’histoire du Noir américain est l’histoire de cette lutte – de cette aspiration à être un homme conscient de lui-même, de cette volonté de fondre son moi double en un seul moi meilleur et plus vrai. »

Dans « The Hidden Self », que Du Bois a lu, James, discutant les thèses d’un autre psychiatre, Pierre Janet, dans L’Automatisme psychologique, souligne encore le bouleversement induit par la découverte de la possibilité d’une coexistence, et non seulement d’une succession, de personnalités parcellaires  : « Peu de choses sont aussi curieuses que ces relations d’exclusion mutuelle, dont toutes les nuances existent, entre les multiples consciences partielles ». À l’encontre de Janet, il remet en cause l’idée que ces personnalités multiples seraient l’effet d’un défaut, d’un « manque » de synthèse provoquant la « désintégration du champ de conscience en parties mutuellement exclusives ». Il refuse de les définir par la négative, leurs potentialités pouvant, dit-il, aller au-delà de celles de la « conscience normale » : on ne sait ce que peut la double conscience affirme en substance James. Ces thèses, celle de la cohabitation de personnalités opposées, mutuellement exclusives, comme celle faisant de la double conscience une création originale, pleines de mystères, ne pouvaient manquer de retenir l’attention de Du Bois.

Mais comme l’a souligné Shamoon Zamir, James a une conception du « moi » foncièrement anhistorique et apolitique. Réexaminant dans L’Expérience religieuse le problème de « la division de la personnalité », James assure que « la conversion religieuse [...] n’est qu’un des moyens pour l’âme humaine de parvenir à l’unité », c’est-à-dire pour faire retour à la stabilité à partir d’un état d’« incohérence », de « discordance », de « contradiction intérieure ». Il n’empêche que la santé mentale demeure pour lui une affaire de foi, fût-elle sécularisée ; elle repose sur une volonté de croire, étrangère, voire opposée à toute entreprise de transformation sociale : « [l]es discussions de James sur la double conscience et le moi divisé dans les domaines de l’hystérie et de l’expérience religieuse privilégient des diagnostics médicaux et des stratégies curatives qui naturalisent la société dans leur insistance sur le retour à un équilibre sain ». Telle n’est certainement pas la perspective de Du Bois qui, lui, a une compréhension éminemment politique et historique du « moi » : « La psychologie de Du Bois […] s’attache à comprendre l’aliénation et à localiser socialement et historiquement le moi », révélant par contrecoup la situation du discours jamesien lui-même, celle d’une Amérique blanche aspirant à sa reproduction, à sa « stabilité », c’est-à-dire au statu quo. Du Bois n’opère pas une interprétation psychologique de la politique, mais une interprétation politique de la psychologie ; il ne se livre pas à une psychologisation de l’histoire, mais à une « complexe historicisation de la psychologie ». C’est dès lors le partage du normal et du pathologique qui se voit contesté, moins au sens « foucaldien » où ces catégories seraient toujours dépendantes de formations épistémico-politiques qui en déterminent normativement les frontières respectives, qu’au sens, plus immédiat, où les structures sociales engendre concrètement des sujets normaux et anormaux ; tel est le cas de la « saine » société étasunienne qui ne cesse de reproduire la double conscience « pathologique » de l’Africain-Américain.

Il ne fait en effet aucun doute qu’aux yeux de Du Bois, la double conscience est une expérience pathologique. Mais n’est-elle que cela ? Un extrait du paragraphe cité in extenso pour débuter permet d’en douter. Du Bois dit du Noir américain qu’il est « une sorte de septième fils, né avec un voile et doué de double vue (gifted with second sight) dans ce monde américain ». Dans le folklore de nombreux peuples, africain-américain, le « septième fils » est dit doté d’un pouvoir spécifique, inconnu des autres hommes et régulièrement identifié à un don de vision, une capacité de voir ce que les autres sont incapables de voir, dans le temps ou dans l’espace, ce que recouvre précisément le terme second sight employé par Du Bois et que ne peut rendre qu’imparfaitement sa traduction par « double vue ». Dans le vaudou haïtien par exemple – depuis la grande révolte d’esclaves qui avait mené à l’indépendance d’Haïti en 1804, le pays, et plus spécifiquement son héros Toussaint Louverture, faisait figure de modèle pour l’Amérique noire – écrit Joel Williamson « le septième fils est le plus chanceux et être né avec un voile signifie bénéficier d’un don de prophétie ». Le voile renvoie ici à la coiffe céphalique, cette partie de la poche des eaux qui recouvre la tête de certains nourrissons à l’accouchement, formant une membrane translucide autour de leur visage ; coiffe céphalique, qui en Europe également a souvent été considérée comme un signe de bonne fortune. Pour Du Bois, ce « don » qu’est la double vue, comme capacité de voir et de se voir avec les yeux de l’autre, du Blanc, n’est pas seulement pour le Noir américain une malédiction, elle lui octroie un pouvoir. De quelle nature est ce pouvoir ? Pour le savoir, il faut se tourner vers un autre essai de Du Bois, « Les Âmes du peuple blanc » dont la première mouture date de 1910.

Du Bois y écrit : « À leur égard [les âmes du peuple blanc], je suis singulièrement clairvoyant. Je vois en elle et à travers elle. Je les vois depuis un étonnant point de vue privilégié. Je vois […] ces âmes nues, de devant comme de derrière. Je vois le travail de leurs entrailles. Je connais leurs pensées, et elles savent que je sais ». Du Bois suggère ainsi que l’intériorisation du regard blanc, quoique rendant la conscience noire étrangère à elle-même, lui confère une clairvoyance, c’est-à-dire, au strict sens psychologique, une faculté de percevoir les phénomènes autrement que par les sens habituels. En adoptant le regard de l’autre, le Noir n’apprend pas seulement à se voir lui-même « de l’extérieur », il apprend en même temps à voir l’autre « de l’intérieur », à pénétrer ses pensées et ses désirs. C’est ce que des interprètes de Du Bois tels que Paget Henry et Lewis et Jane Gordon ont nommé la double conscience potentialisée. Qui plus est, Du Bois ne soutient pas uniquement que le Noir connaît le Blanc mieux que ce dernier ne le comprend lui, le Noir, qui reste dissimulé sous le voile de couleur – ce qui est en quelque sorte une loi des rapports de domination – il affirme qu’à bien des égards, le Noir connaît mieux le Blanc que ce dernier ne se connaît lui-même. Sa situation liminale, à la fois au dedans et au dehors de la société américaine, le dote d’un pouvoir de décryptage des paradoxes et contradictions intimes des « âmes blanches », que ces dernières masquent aux autres, mais aussi souvent à elles-mêmes ; pouvoir en somme de révélation des complexes blancs. Plus spécifiquement, le Noir, suggère Du Bois, est capable de disséquer les ressorts profonds de « la religion de la blancheur » en en mettant à nu les assises affectives.

Les variations duboisiennes sur la double conscience du point de vue (privilégié) du Noir se situe en deçà de l’émergence de la psychanalyse, du moins de son voyage transatlantique. Il serait néanmoins légitime d’inscrire ces variations aux commencements d’une contre-généalogie des usages antiracistes de la psychanalyse. Cela ne serait-ce que parce que Freud lui-même reconnaissait sa dette envers les théorisations psychiatriques de la double conscience, conçues comme une sorte de préhistoire de la découverte de l’inconscient. Dans leurs Études sur l’hystérie, Freud et Breuer, prolongeant de leur aveu même les travaux de « Binet et [des] deux Janet » (Pierre et Paul) écrivent : « la dissociation du conscient, appelée “double conscience” dans les observations classiques, existe rudimentairement dans tous les hystéries ». Mais dans ses « considérations théoriques », Breuer précise que la « dissociation » est celle, non de la conscience à proprement parler, mais du psychisme, scindé en deux parties, respectivement consciente et inconsciente. Freud allait revenir sur ces découvertes dans les Cinq leçons sur la psychanalyse : « Dans un seul et même individu, il peut y avoir plusieurs groupements psychiques, assez indépendants pour qu’ils ne sachent rien les uns des autres. Des cas de ce genre, que l’on appelle « double conscience », peuvent, à l’occasion, se présenter spontanément à l’observation. Si, dans un tel dédoublement de la personnalité, la conscience reste constamment liée à l’un des deux états, on nomme cet état : l’état psychique conscient, et l’on appelle inconscient celui qui en est séparé. ». Breuer rejette enfin la thèse de Pierre Janet selon laquelle la dissociation psychique serait le produit d’une « faiblesse », d’une « déficience mentale » : « À l’inverse de Janet, je crois que dans un grand nombre de cas, la dissociation se fonde sur une excessive activité psychique ».

Qu’est-ce là sinon une radicalisation de la critique adressée quelques années plus tôt par James à Janet ? Du Bois, quoiqu’il en soit, ne se paiera pas de mots lorsqu’en 1940, alors âgé de 72 ans, il affirmera dans son livre Dusk of Dawn : «  Ma propre étude de la psychologie avec William James avait précédé l’ère freudienne, mais elle m’y avait préparé ». Du Bois n’en regrettera pas moins de ne pas avoir pris connaissance plus tôt de ce qu’il nomme la « nouvelle psychologie » : « Pour moi, [...] toute action humaine était consciente et rationnelle. Il n’y avait pas de zone d’ombre (twilight zone) ». Mais de même que le matérialisme historique lui révéla les déterminations économiques (infrastructurelles) des formes de conscience, la psychanalyse lui fit comprendre que le racisme reposait « sur des actes inconscients et des réactions irrationnelles, étanches à la raison ». Il fallait dès lors « déplacer la résistance sur le vaste terrain de la déraison », déconstruire les « fausses rationalisations » sur lequel se fondait le préjugé de couleur : « L’attitude et les actions présentes du monde blanc ne se fondent pas seulement sur un dessein rationnel, délibéré. C’est une affaire de réflexes conditionnés ; de vieilles habitudes, de coutumes et de traditions ; de manières de raisonner subconscientes et de réflexes nerveux inconscients ». Du Bois, malheureusement, n’est jamais allé plus loin dans l’investigation des soubassements inconscients des rapports raciaux. Cette tâche allait revenir à ses héritiers, au premier rang desquels sans doute Richard Wright.

Par Matthieu RENAULT, le 22 juin 2019

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