Séminaire: racisme intime, colonie et subjectivité de la domination et de ses résonances post-coloniales

Groupe pour la Psychanalyse au Maghreb et au Moyen-Orient

" Héritage colonial ou figure symptomatique du malaise dans la civilisation, avatar d’une psychologie des masses dont la haine de l’autre est de tout temps vectorisée par le retour des nationalismes populistes et des nostalgies communautaristes, le racisme apparaît aujourd’hui comme le point nodal où s’opposent de part et d’autre d’une histoire unilatéralement écrite, les revendications identitaires d’un côté, et leur déni de l’autre, dans une méconnaissance manifestement coupable d’en ignorer le nouage imaginaire, tout autant que leur rapport foncièrement dialectique. Cette histoire qui est aujourd’hui réinterrogée sur sa réelle capacité à elle seule, de dire l’universel, tout l’universel, annonce-t-elle enfin l’ultime destin des centralités héritées des siècles derniers et leur élan hégémonique, ou révèle-t-elle l’émergence, dans le champ de la pensée et de la psychanalyse, d’un monde postcolonial, qui peine autant à exister qu’à s’effacer. Cela paraît signer ce que nous savons du refoulé comme de son retour, en tant que l’un et l’autre réfèrent à une même épreuve subjective, autant qu’à une dimension historiquement engageante puisqu’intrinsèquement, voire organiquement collective. Nous poursuivons cette année notre réflexion en déplaçant le regard sur l’histoire coloniale telle qu’écrite et saisie par les auteurs des autres rives du Même-Monde. La notion de colonie qui a été reprise à la suite de Kafka, par plus d’un auteur, philosophe et écrivain tout récemment des deux rives de la Méditerranée, ouvre le champ lexical à toute une grammaire et à un discours à la fois en panne et en peine dans sa quête d’advenir. Ces auteurs essaient, voire réussissent parfois à décoloniser les imaginaires, les langues et les dialectes tout autant que les corps. Nous les accueillerons pour essayer d’entendre, à travers leur témoignage, ce qui de l’épreuve subjective de la domination et de leur enfance colonisée, essaie dans leur récit de toujours s’écrire et se réinventer à l’infini, redessinant les contours mobiles du même Réel colonial."

Par Majid Safouane et Catherine Saladin

Les dates : 27 novembre, 22 janvier, 26 mars, 28 mai, 25 juin, à 21h au local d'Espace Analytique, 12 rue de Bourgogne, 75007 Paris

Les intervenants attendus, pressentis et auteurs au programme :

• Marie José Mondzain, K comme Kolonie : Kafka et la décolonisation de l’imaginaire, éditions La Fabrique, 2020 ;

• Tassadit Yacine, Photographies de l’Algérie coloniale, le regard intime de Bourdieu ;

• Leila Slimani, Le Pays des autres, Gallimard, 2019

• Seloua Louste Boulbina, Le Singe de Kafka et autres propos sur la colonie, éditions Les Presses du réel, 2020, (sous réserve) ;

• Abdelkébir Khatibi, La Mémoire tatouée, présenté par Moustapha Kébir Ammi ;

• Frantz Fanon, Le théâtre intime de Frantz Fanon, présenté par Driss Ksikes ;

• Edward Saïd, Le Roman de sa pensée, éditions La Fabrique, 2018, présenté par Dominique Eddé (sous réserve) ;

• Abdelfettah Kilito, Je parle toutes les langues mais en arabe, 2013, Tu ne parleras pas ma langue, éditions Actes Sud, 2008, présenté par Majid Safouane.

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