Séminaire 2021-22: Psychanalyse et décolonisation en Inde (1921-1947)

Livio Boni

Introduction à Girindrasekhar Bose (1886-1953) : le premier psychanalyste post-colonial ?



En nous appuyant sur la contribution récente, et à certains égards résolutive,  de l'indianiste Alf Hiltebeitel (Freud's India : Sigmund Freud and India's first psychoanalyst Girindrasekhar Bose, Oxford University Press, 2018), mais aussi sur les travaux, plus anciens, de l'historienne Christiane Hartnack, du psychologue et sociologue Ashis Nandy, et du psychanalyste Sudhir Kakar, ce séminaire vise à fournir une introduction à l’oeuvre du premier psychanalyste non-occidental : Girindrasekhar Bose. Fondateur de la Société Psychanalytique indienne (à Calcutta, en 1922), correspondant de Freud et auteur d'une synthèse originale entre la métapsychologie freudienne et l'advaita Vedanta, courant philosophique de la « dualité non-dualiste », autour de la notion de « opposite wish », Bose représente une figure à part dans l'histoire de la psychanalyse. 

Loin de proposer un simple syncrétisme entre freudisme et métaphysique indienne, Bose s'efforce en effet de situer une réception précoce et rigoureuse de la psychanalyse, à la fin de l'époque coloniale, à l'intérieur des coordonnées de la pensée indienne, dont le tropisme psychologique lui semble particulièrement apte à faire une place à la découverte freudienne. 

Revenir sur son trajet de penseur, de clinicien et d'infatigable organisateur institutionnel nous semble particulièrement utile pour envisager, aujourd'hui, la question de savoir qu'est-ce que pourrait bien être qu'une psychanalyse post-coloniale. Non pas tellement au sens d'une psychanalyse qui thématise explicitement la question du colonial, mais d'une attitude intellectuelle et subjective qui sache repérer les points d'articulation possibles de l’événement freudien à l'intérieur d'un contexte culturel et politique tout à fait hétérogène par rapport à celui de son surgissement, évitant deux écueils majeurs ; celui d'un occidentalisme outrancier, au nom de la psychanalyse ; tout comme celui d'une simple domestication de la rupture freudienne à l'intérieur d'une sagesse traditionnelle qui l'absorberait sans restes.

 

Maison de la recherche de l'INALCO, 2 rue de Lille, 75007 Paris


mercredi 13 octobre (salle L0.01, 18h-20h)

mercredi 17 novembre (salle L0.01, 18h-20h)

mercredi 8 décembre (salle L0.01, 18h-20h)

mercredi 15 décembre (salon Borel, 18h-20h) Séance en présence de Charles Malamoud qui interviendra sur le thème : « Féminité de la Parole ? Remarques sur l'Inde ancienne ».



Il est conseillé de s'inscrire au préalable auprès du responsable du séminaire (livio.boni@ymail.com)


Le séminaire se poursuivra au deuxième semestre


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